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Partie II Prévenir la torture : les INDH en action | Section II Contribuer à l’application du cadre juridique
Evaluer si le témoin est crédible
Le processus de l’entretien vous donne une occasion importante : celle d’évaluer la crédibilité de la personne
et des informations qu’elle donne. Même s’il est difficile de décrire précisément comment vous l’évaluez, il
est indéniable qu’un entretien en tête à tête est plus efficace que de se fier à une déclaration écrite. C’est la
raison pour laquelle les tribunaux s’appuient sur des témoignages oraux de témoins plutôt que de simples
déclarations écrites. Lorsque quelqu’un raconte sa propre histoire avec ses propres mots, cela vous permet de
déterminer si vous pensez qu’il dit la vérité. Un entretien permet aussi de poser des questions difficiles, qu’une
personne qui ne dit pas la vérité peut préférer éviter. Cela demande aussi à la personne en entretien de réagir
aux questions immédiatement, plutôt que d’avoir le temps de préparer une réponse écrite. Poser la même
question de différentes façons peut aussi aider à tester si l’histoire de la personne est cohérente.
Permettre aux témoins de raconter leur histoire
Les victimes de violations des droits de l’homme ont souvent l’impression d’avoir été négligées, marginalisées
et oubliées. Parfois les violations dont elles ont soufferts causeront la honte et l’isolement de leur communauté.
Souvent elles n’auront pas l’occasion de raconter leur histoire aux autorités. L’entretien peut être la première
occasion pour la personne de parler de son expérience. C’est pourquoi, écouter est plus important que de
poser des questions.
2. PROTECTION DES PERSONNES EN ENTRETIEN
Lorsque l’on mène un entretien avec une victime ou un témoin, il est important de tenir compte de leur besoin
de protection.
Même s’il ne peut y avoir aucune garantie totale que la personne en entretien ne subira pas de représailles
après l’entretien, plusieurs mesures peuvent être prises pour protéger la personne, telles que :
•
Multiplier les entretiens pour éviter de se concentrer sur une seule personne
•
Mener l’entretien dans un lieu sûr où la surveillance est minimale
•
Demander à la personne, au début et à la fin de l’entretien, quelles mesures de sécurité doivent être
prises selon elle
•
Inviter la personne à prendre contact avec vous après l’entretien
•
Dans les lieux de détention, faire une visite de suivi peu après l’entretien et rencontrer les mêmes
détenus
•
Ne jamais mentionner explicitement durant l’entretien des déclarations faites par d’autres personnes et
ne jamais révéler l’identité des témoins.
3. PRÉPARER UN ENTRETIEN
Bon nombre d’éventuelles difficultés rencontrées en entretien peuvent être gérées efficacement grâce à une
bonne préparation. Elaborer un canevas demande souvent peu de temps et devient rapidement un réflexe.
Lors d’un entretien d’une victime ou d’un témoin de torture ou de mauvais traitements, il est important de
suivre des principes éthiques et d’être aussi prévisible que possible. Cela permet à la personne en entretien
de se sentir renforcée. Ceci est particulièrement important pour des victimes, étant donné que la torture et
les mauvais traitements créent souvent un sentiment d’impuissance fort et persistant. Lorsque vous préparez
l’entretien, l’enquêteur devrait toujours être conscient d’aider la victime à se sentir en charge.
Le lieu
Si vous menez l’entretien dans un bureau de l’INDH, l’environnement doit être aussi confortable et accueillant
que possible, avec un verre d’eau, une tasse de thé ou de café à offrir à la personne.
Chapitre 5 : Conduire un entretien | 45