9 3 6 r4 : Prévenir la torture Guide pratique à l’intention des Institutions nationales de droits de l’homme L’absence de signes physiques de torture ne signifie pas qu’il n’y apas eu torture. Certaines méthodes de torture ne laissent aucun signe physique, tel que la privation sensorielle et d’autres formes de torture psychologique. Il existe des signes psychologiques de torture Toute torture a des effets psychologiques sur la personne. En effet, le premier objectif de la torture est d’exercer un pouvoir sur une victime impuissante dans le but de dégrader, de déshumaniser et de détruire sa personnalité. L’incidence de cette expérience peut se poursuivre longtemps après que les cicatrices physiques de la torture se sont refermées. Il y a deux aspects distincts, bien qu’étroitement liés, à prendre en compte lorsqu’il s’agit de recueillir des preuves de signes psychologiques de torture. Il est important de bien savoir si vous recueillez des preuves de torture psychologique ou si vous recueillez des preuves psychologiques de torture. Le terme torture psychologique se réfère à des méthodes de torture qui n’impliquent pas directement la douleur physique. Ces méthodes peuvent comprendre des menaces de mort, de fausses exécutions ou des privations sensorielles. En pareils cas, il n’y a aucune preuve physique de torture et les signes psychologiques peuvent constituer les seules preuves disponibles. Par ailleurs, les preuves psychologiques de torture se réfèrent aux conséquences de la torture sur la santé mentale, indépendamment du fait que la torture soit physique, mentale ou une combinaison des deux. L’effet psychologique de la torture est quelquefois décrit comme un syndrome de stress post-traumatique. Mais certains psychologues critiquent cette description, considérant qu’elle est trop culturellement enracinée dans la société occidentale. Les victimes de torture issues d’autres cultures peuvent ne pas souffrir exactement de la même combinaison de symptômes et selon eux, il peut être préjudiciable d’utiliser de telles “étiquettes”. Cependant, les personnes qui ont été victimes de torture peuvent : • avoir des souvenirs pénibles et constants de l’événement • souffrir de cauchemars récurrents relatifs à l’événement • ressentir de la détresse à la vue d’objets qui leur rappellent la torture • essayer d’éviter des situations qui leur rappellent la torture • être incapables de se souvenir de certains aspects de ce qui est arrivé • se sentir détachées du monde alentour. Ces réactions peuvent se manifester dans un grand nombre de symptômes physiques, comme : • des troubles du sommeil • l’irritabilité ou la colère • la difficulté de concentration • une hyper-vigilance • des réactions de sursaut disproportionnées. Il est important de déterminer si une personne montre des symptômes de traumatisme psychologique et si cela est en lien avec ses allégations de torture. A VISIONNER Visionner le CD-Rom Prévenir la torture pour en savoir plus sur les INDH et leur rôle dans les enquêtes relatives aux accusations de torture et de mauvais traitements. Cliquer sur « Reportages » et sélectionner « Point 4 – Les INDH : enquêter sur les accusations ». 40 | Chapitre 4 : Enquêter sur les allégations de torture

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