9 3 6 r4 : Partie II Prévenir la torture : les INDH en action | Section II Contribuer à l’application du cadre juridique Evaluer si le témoin est crédible Le processus de l’entretien vous donne une occasion importante : celle d’évaluer la crédibilité de la personne et des informations qu’elle donne. Même s’il est difficile de décrire précisément comment vous l’évaluez, il est indéniable qu’un entretien en tête à tête est plus efficace que de se fier à une déclaration écrite. C’est la raison pour laquelle les tribunaux s’appuient sur des témoignages oraux de témoins plutôt que de simples déclarations écrites. Lorsque quelqu’un raconte sa propre histoire avec ses propres mots, cela vous permet de déterminer si vous pensez qu’il dit la vérité. Un entretien permet aussi de poser des questions difficiles, qu’une personne qui ne dit pas la vérité peut préférer éviter. Cela demande aussi à la personne en entretien de réagir aux questions immédiatement, plutôt que d’avoir le temps de préparer une réponse écrite. Poser la même question de différentes façons peut aussi aider à tester si l’histoire de la personne est cohérente. Permettre aux témoins de raconter leur histoire Les victimes de violations des droits de l’homme ont souvent l’impression d’avoir été négligées, marginalisées et oubliées. Parfois les violations dont elles ont soufferts causeront la honte et l’isolement de leur communauté. Souvent elles n’auront pas l’occasion de raconter leur histoire aux autorités. L’entretien peut être la première occasion pour la personne de parler de son expérience. C’est pourquoi, écouter est plus important que de poser des questions. 2. PROTECTION DES PERSONNES EN ENTRETIEN Lorsque l’on mène un entretien avec une victime ou un témoin, il est important de tenir compte de leur besoin de protection. Même s’il ne peut y avoir aucune garantie totale que la personne en entretien ne subira pas de représailles après l’entretien, plusieurs mesures peuvent être prises pour protéger la personne, telles que : • Multiplier les entretiens pour éviter de se concentrer sur une seule personne • Mener l’entretien dans un lieu sûr où la surveillance est minimale • Demander à la personne, au début et à la fin de l’entretien, quelles mesures de sécurité doivent être prises selon elle • Inviter la personne à prendre contact avec vous après l’entretien • Dans les lieux de détention, faire une visite de suivi peu après l’entretien et rencontrer les mêmes détenus • Ne jamais mentionner explicitement durant l’entretien des déclarations faites par d’autres personnes et ne jamais révéler l’identité des témoins. 3. PRÉPARER UN ENTRETIEN Bon nombre d’éventuelles difficultés rencontrées en entretien peuvent être gérées efficacement grâce à une bonne préparation. Elaborer un canevas demande souvent peu de temps et devient rapidement un réflexe. Lors d’un entretien d’une victime ou d’un témoin de torture ou de mauvais traitements, il est important de suivre des principes éthiques et d’être aussi prévisible que possible. Cela permet à la personne en entretien de se sentir renforcée. Ceci est particulièrement important pour des victimes, étant donné que la torture et les mauvais traitements créent souvent un sentiment d’impuissance fort et persistant. Lorsque vous préparez l’entretien, l’enquêteur devrait toujours être conscient d’aider la victime à se sentir en charge. Le lieu Si vous menez l’entretien dans un bureau de l’INDH, l’environnement doit être aussi confortable et accueillant que possible, avec un verre d’eau, une tasse de thé ou de café à offrir à la personne. Chapitre 5 : Conduire un entretien | 45

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